Entrées

Retour de pêche et bigorneaux au court-bouillon

J’avais
une petite dizaine d’années, par une chaude journée d’été quelque part
sur le bassin d’Arcachon. Nous étions partis sur le bateau de nos
voisins. Je n’ai guère de souvenirs de la navigation, ni du pique-nique
qui avait sûrement dû ponctuer cette  journée. En revanche, gravée à
jamais dans ma mémoire,  la seule, l’unique partie de pêche jamais faite
jusqu’ici, la pêche aux couteaux.

Nous
partions à pied sur les bancs de sable qu’avait bien voulu nous dégager
pour un temps la marée. Armée d’une seule poche de sel, nous étions à
l’affût des petites proéminences dans le sable signalant la probable
présence des coquillages convoités. Il nous suffisait alors de les
saupoudrer d’une pincée de sel comme autant de poudre de perlimpinpin
pour que la magie opère. Le couteau montrait alors le bout de son nez et
il nous suffisait alors de le cueillir la main dans le sable !

Outre
les étrilles
qui comptent pour du beurre (salé cela va de soi), vu que
nous leur rendons leur liberté à la fin des parties de pêche endiablées
auxquelles on s’adonne l’été sur le bassin avec les enfants, il m’aura
fallu patienter près de 30 ans pour goûter à nouveau aux joies de la
pêche à pied.

Mais
cette fois-ci, l’objet de notre convoitise était un petit gastéropode
des mers appelé littorine, mieux connu sous le nom de bigorneau

Retour de pêche et bigorneaux au court-bouillon

Certains
ont pu s’en rendre compte sur Facebook, j’ai à la maison un petit
amateur de bigorneaux
,  pour qui il n’y a pas d’heure pour en manger !
Et si l’envie lui prend à l’heure du petit déjeuner, les bigorneaux
trouvent leur place sur la table quelque part entre les tartine et le
pot de confiture (estomacs  sensibles s’abstenir !)  !

Ainsi,
nous ne pouvions décemment pas finir notre semaine de vacances bretonnes sans tenter l’aventure de la pêche aux bigorneaux.

Mais
un arrêté préfectoral interdisant la pêche sur les plages de Quiberon
depuis l’été dernier, c’est donc armé de notre seule gourmandise (et de
quelques contenants) que nous sommes partis vers l’Anse de Plouharnel,
en quête de notre butin.

Il
ne nous a pas fallu bien longtemps pour les repérer, ceux-ci
proliférant dans les rochers rendus accessibles par marée basse. Ils
cohabitent joyeusement avec quelques patelles chinoisement chapeautées
et de gracieuses anémones de mer qui, si elles ne sont pas timides,
nous offraient de leurs tentacules un bien gracieux ballet. Il nous a
juste suffi les ramasser en les cueillant au rocher. Une pêche
miraculeuse en somme ! Qui a présenté l’avantage non négligeable de
donner envie à mon petit dernier de s’aventurer à goûter au fruit de sa
pêche !

Ainsi
après un court-bouillon en bonne et goûteuse due forme, il ne nous
restait plus qu’à les extirper de leurs coquilles et déguster !



Deux à trois choses à savoir avant de partir à la pêche

 

La
pêche en mer
s’exerce librement
, sans nécessité de permis, à la seule
condition qu’elle soit réservée à notre consommation personnelle. Cette
liberté concerne à la fois la pêche en haute mer, à la ligne, au casier
mais aussi à pied. Sachez que cette pêche dite « de loisir » est
néanmoins réglementée par différents arrêtés préfectoraux, limitant la
pêche dans le temps, à des zones précises et à un quota et un calibre
par espèce. Pour les connaître, adressez-vous à la capitainerie de votre
ville de villégiature sinon dans les magasins d’articles de pêche.

Les
coquillages sont de grands filtreurs d’eau de mer
et de grands mangeurs
d’algues
. Ils peuvent ainsi accumuler dans leur chair une multitude
d’éléments toxiques. On privilégiera donc les zones non polluées,
exemptes de tout écoulement suspect provenant de zones habitées.
 Certaines algues microscopiques toxiques pour l’homme prolifèrent, d’où
l’intérêt de prendre connaissance des arrêtés préfectoraux qui vous
renseigneront sur les interdictions de ramassage. 

De manière générale,
les espèces les plus appréciées pour leurs qualités gustatives font
l’objet d’un ramassage intensif, c’est pourquoi la pêche à pied est
soumise à une stricte réglementation. Dans tous les cas, chaque pêcheur
doit limiter le ramassage à ses besoins et laisser en place les petits
spécimens.



Retour de pêche et bigorneaux au court-bouillon

Bigorneaux au court-bouillon

Ingrédients pour 4 personnes

500g de bigorneaux crus

Pour le court-bouillon maison :

2 gousses d’ail 

Quelques pluches de persil

3 à 4 branches de thym

3 feuilles de laurier

1 carotte coupée en dé

1/2 branche de céleri coupée 

8 à 10 grains de poivre entier 

1cs de gros sel 

Retour de pêche et bigorneaux au court-bouillonConserver la peau de l’ail (ail en chemise) et écraser les gousses avec le plat de la lame d’un couteau.

Dans
une casserole, porter à ébullition  l’eau agrémentée de gousses d’ail,
branches de thym, feuilles de laurier, pluches de persil, carotte, céleri, grains de
poivre entiers et gros sel.

A
ébullition, jeter les bigorneaux crus dans le court bouillon infusé. A
la reprise de l’ébullition, prolonger la cuisson 10mn. Puis laisser les
bigorneaux dans le court bouillon, jusqu’à complet refroidissement.
Les
bigorneaux se suffisent à eux-mêmes, mais vous pouvez aussi les
déguster, selon vos goûts, avec de la rouille, une mayonnaise ou encore
de l’aïoli.

8 Commentaires

Laisser un commentaire