Biscuits & Confiseries

Le temps des confitures et ma version : Confiture à la pêche blanche et à la lavande

J’aime à penser que les maisons ont une âme et que leurs murs regorgent de secrets.

Elles sont bien souvent désireuses de nous les dévoiler si tant est que l’on soit quelque peu disposé à tendre l’oreille. La mienne est une ancienne bâtisse agricole dont le corps de ferme, rénové par nos soins, est le seul témoignage encore debout de cette époque de durs labeurs.

Et à cette période de l’année, lorsque la chaleur accablante engourdit les corps, que les fruits au verger s’offrent aux regards gourmandement gorgés de soleil, j’imagine ses hôtes de jadis couvant d’un regard inquiet et protecteur le fruit de leur labeur, attendant le moment propice pour décrocher ces précieux sésames et savourer le fruit de leur récolte.

L’heure était alors à les employer qui en tartes, qui en compotes et, comme bien des gens de cette époque ayant connu la privation perdre était un sacrilège, gaspiller une hérésie, le temps est alors aux confitures.

Un immuable rituel s’opérait alors, comme une mélodie maintes fois répétée, celui des fruits que l’on cueille délicatement le matin avant que le soleil n’en atténue leur délicat parfum. Seuls les plus beaux feraient honneur aux pots, ils seraient nettoyés, parfois dénoyautés, toujours coupés avec grand soin, le sucre serait ajouté et la macération opérerait jusqu’au lendemain.

Les fruits ainsi délicatement imprégnés, la préparation serait alors portée à ébullition dans le chaudron, en cuivre forcément. Et tout en remuant délicatement, l’écume serait consciencieusement retirée.

La maison embaumerait de délicieux effluves, réjouissant les esprits et réveillant les appétits ! A force de patience, le mélange commencerait à s’épaissir pour former de petits geysers sirupeux. On vérifierait la nappe en laissant perler une goutte de confiture sur le rebord d’une assiette. La confiture serait fin prête !

On s’empresserait alors de la mettre en pot encore brûlante à l’aide de la grande louche prévue à cet effet, et une fois les coulures consciencieusement essuyées, on recouvrirait ce précieux nectar d’un papier préalablement imbibé d’alcool que l’on poserait bien tendu sur chacun des pots tenu à l’aide d’un providentiel élastique.

Puis les pots seraient méthodiquement entreposés dans l’armoire de la cave, conservés hors de portée des convoitises dans l’attente de l’hiver à venir… …

J’aurais tellement aimé faire miens ses souvenirs de confiture maison trônant sur la table du petit déjeuner, mais chez nous c’était Bonne maman qui s’invitait invariablement à celle de mon enfance, à la fraise de préférence.

Depuis, la fée des confitures s’est penchée, bienveillante, sur ma bassine. Et c’est donc moi qui perpétue la tradition, du chaudron, en cuivre toujours, qui mijote à gros bouillons, des fruits qui se parent de leur délicate robe ambrée et des petits doigts qui furètent et qui curent, des petites bouches léchant et se pourléchant.

A mon tour, je les dispose dans la même cave, en prenant garde de bien baisser la tête avant d’y pénétrer, la gourmandise n’empêche pas la vigilance.

En témoignage de ce labeur passé, bien lovée dans un recoin de la cave, l’armoire est toujours là, un peu défraîchie certes, mais toujours aussi robuste. On y devine encore, sur les étagères gondolées, quelques années inscrites à la craie, comme autant de stigmates hérités de ces temps passés.

Je ne connaissais pas ces gens. Mais peut-être auraient-ils été heureux de savoir que la tradition est perpétuée par une parfaite inconnue qui ne l’est, en un sens, peut-être plus tout à fait…

Le temps des confitures et ma version : Confiture à la pêche blanche et à la lavande
Confiture Pêche blanche lavande

Confiture de pêches blanches à la lavande

Une association raffinée et gourmande
Temps de préparation15 min
Temps de cuisson30 min
Temps de repos12 h
Temps total12 h 45 min
Type de plat: Petit déjeuner
Cuisine: Française
Portions: 6 pots environ

Ustensiles

  • Bassine en cuivre
  • Écumoire
  • pots à confiture

Ingrédients

  • 1,500 kg pêches blanches
  • 900 g sucre
  • 25 cl eau
  • 10 brins lavande
  • 2 gousses vanille
  • 1 citron
  • 2 g agar agar

Instructions

  • Lavez les nectarines et les brins de lavande à l'eau clair.
  • Coupez les pêches en quatre et otez les noyaux.
  • Coupez-les en lamelles.
  • Mélangez les morceaux de pêches, le sucre, le jus du citron préalablement pressé, les grains de vanille (fendez les gousses en 2 et grattez l’intérieur à l’aide d’un couteau pour en récupérer les grains) et la lavande fraîche et odorante glissée dans une mousseline ou une gaz.
  • Laissez macérer au frais pendant 1h30.Retirez du frigo.Versez dans la bassine à confiture et portez à frémissement.
  • Versez à nouveau dans une terrine, recouvrez d’une feuille de papier sulfurisé pour éviter que les fruits ne s’oxydent. Réservez au frais pendant une nuit.
     
  • Le lendemain, passez la préparation dans un tamis et versez le sirop dans la bassine à confiture et portez à ébullition. Ecumez et poursuivez la cuisson à feu vif. Le sirop va se concentrer à 105°c au thermomètre à sucre. Ajoutez les morceaux de fruits. Redonnez un bouillon de 5 minutes environ en remuant délicatement.
  • Retirez la mousseline et les gousses de vanille. Ecumez soigneusement.Ajoutez 1 à 2 g d’agar agar (selon la consistance souhaitée). Vérifiez la nappe.
  • Versez la confiture bouillante dans des pots que vous aurez préalablement stérilisés, vissez le couvercle et retournez-les jusqu’à ce qu’ils soient totalement froids avant de les stocker à l'abri de la lumière.
Le temps des confitures et ma version : Confiture à la pêche blanche et à la lavande
Confiture pêches blanches lavande

17 Commentaires

  • Je viens d'acheter des pêches avant de lire ton billet, je voulais aussi les marier avec la lavande dans une soupe de pêches froide. Ta confiture a vraiment l'air délicieuse!

  • J'aime l'émotion qui se dégage de ton billet. Je ne fais pas de confitures, d'ailleurs j'en mange peu, mais j'avoue que quelques cuillères de la tienne – un accord qui me parle – me tenterait bien.
    PS : j'espère que le soleil va bientôt faire rougir tes tomates.

  • C'est le genre de billet que j'adore, je t'ai suivie dans tous tes mots, et, même, pas à pas dans l'écume de la bassine telle que tu l'imagines et telle… que je la pratique ! Sauf que j'ai fini par remplacer le papier par des couvercles à vis, moins jolis mais plus facile à ranger, on peut les entasser quand on en fait beaucoup comme moi. Ta confiture est magnifique, une association que je n'ai encore jamais essayée, mais cela ne saurait tarder. En ce moment, dans ma maison en IDF, c'est "mûres sauvages" du bois, une cueillette tous les trois jours, elles sont superbes cette année !

  • Tu te crées (et aux tiens) de jolis souvenirs, ceux là même dont j'ai hérité entre ma mère et mes grands mères ; ici je réitère, la maison est "plantée" sur un verger, je sèche les fruits, je les conserve en bocaux et bien sûr, je fais des confitures, mes placards en regorgent. Et j'adore ce cérémonial, les couleurs, les odeurs, l'écume, les pots que l'on remplit… La couleur de la tienne est très belle.

  • Pour nous cet été, je crains que ce soit sans confiture, personne n'a eu trop de fruits …
    Dommage nous risquons de nous retrouver chez bonne maman cet hiver. Bravo pour ton mélange bises canelé

  • je viens de faire une tournée de confitures de pêches à la vanille, j'essaierai avec la lavande la prochaine fois, si ça marche avec les abricots ce doit être parfait avec la pêche !

  • Comme le dit si bien Tiuscha, c'est un ceremonial, il y a quelque chose de l'alchimiste dans la cuisiniere penchee au dessus de la marmite. J'adore ca aussi, et cette annee il y a des fruits a foison, on n'a pas fini de travailler.

  • Quel doux et délicieux mariage avec cet odorant brin de lavande … j'adore réaliser des confitures de toutes sortes, la tienne est à tester illico
    Je te souhaite une belle journée
    Valérie

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