Biscuits & Confiseries

Dégoût et des couleuvres et ma pâte à tartiner maison

Dégoût et des couleuvres et ma pâte à tartiner maison
Partie I : C’est un beau roman, c’est une belle histoire…

Il était une fois Alba, une petite ville médiévale du Sud du Piémont. C’est dans cette tranquille bourgade que vit le jour la recette de la plus célèbre pâte à tartiner. En effet, pour palier au manque de cacao des années d’après guerre, Pietro Ferrero eut l’idée de (mauvais) génie d’inventer une pâte à tartiner à base de noisettes, oléagineux dont la région Piémontaise regorgeait.  La pâte sort en 1949 sous le nom de Supercrema, la tartinoise en France en 1963, pour être rebaptisée quelques années plus tard : Nutella (Nut pour noisette  et le suffixe « ella » aux douces sonorités italiennes pour enrober le tout). Et depuis cette époque, le nutella jouit d’un succès incontesté de par le monde. Mieux ! Il fait figure de leader sur le marché des pâtes à tartiner. Oui, avec sur chaque pot, un slogan tel que : « Retrouvez tout le plaisir d’un petit déjeuner équilibré », l’histoire pourrait être belle « et le conte de  fées aurait pu se poursuivre mais, ….


Partie II : L’envers du décor

…C’était sans compter sur la (triste) liste des ingrédients qui lui est accolé : Sucre, huile végétale (huile de palme il va sans dire), noisette (13%), Cacao maigre (7,4%), lait écrémé en poudre (6,6%), lactoserum en poudre, émulsifiants : lécithine de soja (quid du soja génétiquement modifié, la société Ferrerro n’a jamais voulu répondre), arôme ( ???).

Le tableau nutritionnel enfonce le clou en indiquant: 56,4% de sucre et 31% de graisses dont 10,3% de graisses saturées.

Composé donc à plus de 60% de sucre et d’huile de palme, cette petite pâte à tartiner est, depuis juin dernier, avec de nombreux autres produits, dans le collimateur du Parlement Européen. Ce dernier ayant donné son accord pour un projet de loi visant à mieux informer le consommateur des contenances en graisse, sel et sucre des produits alimentaires dans un plan visant à lutter contre l’obésité.

Notre société de consommation regorge de produits mauvais pour la santé. Je ne me considère pas comme une « ayatollah de l’alimentation », loin de là ! Il m’arrive de manger des produits qui laissent à désirer nutritionnellement parlant, mais je le fais de manière avertie et en  pleine conscience de mes actes. D’ordinaire,  je pense qu’il en va de la responsabilité de chaque consommateur de se renseigner un tant soit peu sur les produits  qui atterrissent dans son caddy et que ceux-ci soient achetés en connaissance de cause.

Mais avec le Nutella, mon problème se situerait plus au niveau publicitaire et de l’hypocrisie que déploient sans vergogne les équipes makerting grassement rémunérées par le groupe Ferrero  pour nous faire avaler du nutella, comme on boirait du petit lait. Elles jouent sur la carte santé en associant le nutella à l’image du verre de lait et de la poignée de noisettes présentes dans chacun de leur spot publicitaire. Elles nous vantent les mérites des soi disant apports nutritionnels contenus dans le produit,  un produit qui, si on les écoute,  se veut l’allié de la croissance de nos enfants, car  c’est bien connu, « il y a tant à vivre dans une vie d’enfant ! ».  Elles jouent depuis des décennies, sur le côté affectif, l’aspect  plaisir du produit, n’hésitant pas à user de l’image rassurante de la mère, gage suprême de confiance. Non, je n’aime décidément pas les manières sournoises dont elles usent. Car à chaque cuillerée de nutella qu’ils nous invitent à étaler sur les tartines de nos enfants, du petit déjeuner au goûter, c’est autant de couleuvres qu’ils nous font avaler !

 Dégoût et des couleuvres et ma pâte à tartiner maison
Si j’ai su résister aux tentations mensongères des spots pour le  Nutella, je ne peux pas en dire autant de l’appel des sirènes gourmandes que sont Mercotte, Stéphanie, Bige et quelques autres qui depuis quelques temps, ventent sur la toile bloguesque les mérites de l’Encyclopédie du chocolat. J’avoue j’ai craqué, faible gourmande que je suis et cette Bible a rejoint les étagères de ma bibliothèque culinaire déjà bien remplie, comme dirait Monsieur Gourmandises, mais chut, il n’est pas au courant de ma nouvelle acquisition.  Quoique,  mon petit doigt, accessoirement trempé dans mon pot de pâte à tartiner et gourmandement léché, me dit que c’est trop tard !

Ma solution : 

pâte à tartiner maison

Ingrédients pour environ 4 pots de 125g

40g d’amandes entières non mondées

160g de noisettes entières mondées

40cl de lait demi entier

60g de lait en poudre

40g de miel d’acacia

150g de chocolat au lait 40%

150g de chocolat noir 60% ou 140g de chocolat noir à 70%  (ne disposant que de chocolat noir à 64%, j’en ai mis 145g).

Pas à pas

Torréfiez les amandes et les noisettes à 150°c jusqu’à l’obtention d’une belle coloration ambrée. Comptez au moins 10mn. Laissez refroidir et enlevez la peau des noisettes en les frottant entre vos mains. Dans une casserole, mélangez le lait, le lait en poudre et le miel, puis faîtes bouillir le tout.

Dans la cuve du robot mixeur, broyez les amandes et les noisettes jusqu’à l’obtention d’une pâte.

Hachez le chocolat au lait et le chocolat noir et faîtes les fondre au bain marie. Ajoutez le chocolat dans le bol du mixeur, puis versez le mélange bouillant de lait et de miel. Mixez quelques instants, passez au chinois et versez dans les pots.

Cette pâte se conserve une semaine au réfrigérateur.

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