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Risotto de retour de forêt…

Si l’on me demandait quelle
est ma saison préférée, j’avoue, je serais bien embarrassée ! 

Car force
est d’avouer, je les aime toutes ! 

Chacune pour des raisons précises mais
toutes, sans exception, pour les souvenirs d’enfance qui s’y rattachent.

Avec toutefois une
particularité pour l’automne : tout dans cette saison me rappelle l’enfance.

Risotto de retour de forêt...

Avant qu’elle ne s’engourdisse,
la nature nous offre dans un dernier sursaut un festival de couleurs et
d’odeurs, ses senteurs de sous-bois, de terre mouillée, de champignons et de
lichen entremêlées, le bruissement des feuilles tantôt jaunies, tantôt
roussies, sous nos pas assourdis lorsque nos pieds en foulent le tapis. 

La
nature rayonne, flamboie, comme un ultime sursaut avant que l’hiver ne viennent
l’engourdir de ses gelées.

Risotto de retour de forêt...

De mes automnes d’enfant je
garde l’odeur des feux de bois dans les jardins voisins, avec ces senteurs si caractéristiques
que dégageaient les pins de mon bordelais natal,  le crépitement des aiguilles lorsque la résine
rencontrait  la flamme. 

Me reviens en mémoire, l’exubérance
de la bruyère, illuminant de ses vives teintes violettes chaque sous-bois et recoin
de jardins.

Je m’en rappelle les balades, lorsque
l’on pénétrait dans la forêt, de la tenue du parfait petit cueilleur de
champignons dûment paré. La cadence de mes foulées en disait long sur mon envie
de dénicher cèpes et bolets qui, j’en étais convaincue, abondés. Et lorsqu’enfin
j’en dénichais, des cris de joies m’échappaient, au grand désarroi  de mon grand-père, pour qui, un coin à
champignons devait rester secret !

Risotto de retour de forêt...

A mon tour de m’y balader avec mes
petites têtes blondes. Bien sûr la physionomie de la forêt à changer, pour
celle d’une autre région. 

Mais les gestes sont les mêmes, les émotions aussi et
la transmission s’accomplit, comme une évidence, comme par magie : leur
faire toucher du doigt l’unicité de chaque saison, du bonheur simple de la
cueillette aux champignons, la liesse de déceler, au pied d’un tronc solidement
enraciné, les prémices de leur dîner, et les entendre à leur tour crier leur
joie sous notre regard amusé, un brin nostalgique aussi, en pensant à ceux qui
nous accompagnaient alors, la joie du moment ravivant la douleur de l’absence
de ces êtres chers qui nous ont transmis ce si précieux héritage que de savourer
les bonheurs simples de la vie.

…Et comme récompense ultime, au-delà
de la dégustation d’un risotto ayant la délicieuse saveur d’un retour de forêt,
celle ô combien inestimable de souvenirs 
d’automne à la pelle…

Risotto de retour de forêt...

Risotto aux cèpes

 

Risotto de retour de forêt...

Ingrédients pour  4 personnes

320g  de riz spécial pour risotto (arborio dans mon
cas)

1 échalotte

2cs d’huile d’olive (1 pour le
risotto et une pour la cuisson des cèpes)

1 verre de vin blanc

1 litre de bouillon de légumes
(maison c’est mieux mais si vous n’avez pas le temps je vous recommande le
bouillon de légumes Ariaké,  Faire
infuser les sachets dans de l’eau bouillante, compter 3 sachets pour 1 litre
d’eau)

900g de cèpes

1 gousse d’ail

Une botte de persil

Nettoyer les cèpes. Surtout ne
pas les passer sous l’eau, ils deviendraient spongieux et perdraient toutes
leur saveur. Couper et éplucher le bas du pied, ôter les parties abîmées.

Enlever les impuretés,  à l’aide d’un pinceau ou gratter délicatement
avec la lame d’un couteau. Si les impuretés résistent, frotter avec un torchon
humidifié.

Les couper en morceaux.
Réserver.

Dans un faitout faire revenir 2
à 3mn à feux doux une échalote ciselée dans une cuillère à soupe d’huile
d’olive. Verser le riz et le mélanger à feu vif 
sans le colorer. Lorsqu’il est translucide, mouiller avec le vin,
laisser évaporer complètement et saler. Ajouter louche après louche le bouillon
chaud, en veillant à ne rajouter la louche suivante que lorsque la précédente a
bien été absorbée. Remuer régulièrement avec une cuillère en bois, cela permet
au riz de libérer son amidon c’est précisément ce qui va rendre crémeux votre
risotto.

10 mn avant la fin de la
cuisson du risotto, faire cuire les cèpes. Dans une poêle, faire chauffer un
peu d’huile d’olive, verser du persil et de l’ail haché, faire revenir 2 à 3mn
la persillade. Réserver. Faire de nouveau chauffer un peu d’huile d’olive et
faire revenir les cèpes sur feu vif, il faut les saisir quelques minutes à feu
vif afin qu’ils ne dégorgent pas, rajouter la persillade, saler, poivrer et
réserver.

Le risotto est prêt lorsque le
riz a rendu tout son amidon, compter environ 18 minutes.

Rajouter la poêlée de cèpes.
Mélanger.

A la fin de la cuisson, hors du
feu, lier le risotto (mantecare) en incorporant uniquement du parmesan en ce
qui me concerne, mais vous pouvez aussi rajouter du beurre en plus.

Servir immédiatement, le
risotto est un plat qui n’attend pas !

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